Crise existentielle : et si c'était une chance ?
- remygarrido
- 16 juin
- 4 min de lecture

Une traversée intérieure que beaucoup connaissent
Il arrive parfois un moment, sans prévenir, où quelque chose en nous vacille. Ce peut être subtil, comme un léger flou intérieur… ou plus brutal, comme un vide qui s’installe soudain. Une perte de repères, une remise en question profonde, une impression que plus rien n’a vraiment de sens. Ce moment-là, on le nomme souvent crise existentielle.
C’est un mot qui peut faire peur. Et pourtant, il désigne une expérience humaine profondément intime. Peut-être que vous la vivez en ce moment. Ou peut-être que vous la sentez poindre à l’horizon, comme un appel confus venu de l’intérieur. Dans tous les cas, si vous vous sentez perdu·e, inquiet·ète, fatigué·e de faire semblant… alors cet article est pour vous.
En tant que Gestalt praticien, j’ai accompagné des personnes dans ce type de passage. Et ce que j’ai observé, c’est qu’au cœur même de cette crise, se trouve souvent une puissante envie d’évoluer, de se reconnecter à soi. Une envie de vivre autrement, plus juste.
Quand la vie semble perdre son sens : reconnaître les signes
La crise existentielle peut se présenter de bien des manières. Elle n’a pas toujours un visage clair. Parfois, elle se glisse doucement, en arrière-plan : une fatigue qui ne passe pas, un désintérêt grandissant pour ce qui avant nous animait. Parfois, elle surgit brutalement : après un deuil, une rupture, un burn-out, ou même un événement heureux qui, paradoxalement, révèle un vide plus profond.
On peut alors ressentir une grande solitude, même entouré·e. Une impression de jouer un rôle, d’avancer sans boussole. Des pensées récurrentes comme : « À quoi bon ? », « Qui suis-je vraiment ? », ou « Est-ce que c’est ça, ma vie ? ». Ce sont des questionnements vertigineux, et ils peuvent s’accompagner d’une anxiété diffuse, ou même d’un sentiment de dépression.
Là où la société nous pousse souvent à continuer, à faire comme si tout allait bien, la Gestalt invite au contraire à accueillir ce qui se vit. Ce mal-être n’est pas une faiblesse. Il est, peut-être, un signal précieux.
Vous n’êtes pas seul·e : mettre des mots sur l’indicible
Ce que j’entends souvent en début de thérapie, c’est : « Je ne comprends pas ce qui m’arrive », ou encore « J’ai tout pour être heureux·se, mais je me sens vide ». Ces mots traduisent une difficulté à exprimer une douleur existentielle qui ne se voit pas de l’extérieur. Et cela peut renforcer le sentiment d’isolement, voire de rejet, comme si cette douleur n’était pas légitime.

Mais cette crise est bien réelle. Elle touche profondément l’identité, les choix de vie, les relations, parfois même la spiritualité. Elle peut faire émerger des souvenirs, des blessures anciennes. Elle peut nous confronter à nos valeurs, à ce qui, jusqu’ici, semblait aller de soi.
En Gestalt-thérapie, nous offrons un espace pour poser des mots sur tout cela. Pour dire, sans être interrompu·e. Pour être écouté·e, vraiment. Pour être vu·e dans sa globalité, dans ses doutes comme dans ses élans.
Et parfois, dans ce cadre-là, une première étincelle réapparaît : un petit mouvement de vie, un souffle. Quelque chose qui dit : « Je suis là. J’existe encore. »
Quelques gestes simples pour traverser la crise existentielle
Bien sûr, une thérapie est un espace soutenant pour aller au cœur de cette crise. Mais il est aussi possible de commencer par des petits gestes simples, pour retrouver un peu de stabilité au quotidien :
Écoutez ce qui se passe en vous, sans jugement. Notez ce que vous ressentez, même si c’est confus ou douloureux. Cela permet d’amorcer un lien avec votre vécu intérieur.
Accordez-vous des temps de pause, même brefs. Une marche en silence, un bain chaud, un moment sans écran. Cela vous aide à revenir au présent.
Exprimez ce que vous traversez, à une personne de confiance. Le simple fait de parler peut alléger la charge émotionnelle.
Recontactez vos élans, même minuscules : une musique, un souvenir agréable, un paysage qui vous touche. Ces micro-joies sont des ancres précieuses.
Et surtout : ne vous forcez pas à aller bien. Autorisez-vous à être là où vous en êtes. C’est déjà un grand pas.
L’accompagnement en Gestalt-thérapie : une présence, une écoute, une rencontre

En Gestalt-thérapie, nous ne cherchons pas à “réparer” ou à faire taire la crise existentielle. Nous l’honorons comme une période de transformation. Ce n’est pas un simple passage à surmonter, c’est souvent un tournant.
L’approche Gestalt part du présent vécu. Elle s’intéresse à la façon dont vous êtes en lien : avec vous-même, avec les autres, avec le monde. Elle propose un travail sur la prise de conscience, l’accueil des émotions, le repérage des figures émergentes. On ne cherche pas uniquement à comprendre, mais à vivre autrement l’expérience, dans le corps, dans le lien, dans l’instant.
Par exemple, une patiente vivait une grande perte de sens depuis la naissance de son deuxième enfant. Tout en elle disait « je devrais être heureuse », mais elle se sentait déconnectée, étrangère à sa vie. En Gestalt, nous avons exploré ses ressentis corporels, ses non-dits, son rapport à la réussite. Peu à peu, un nouveau contact avec ses besoins a émergé. Elle a pu mettre des mots, choisir, réorienter certaines dimensions de sa vie. Pas de manière spectaculaire, mais juste. Vivante.
Si vous sentez que cette crise est trop lourde à porter seul·e, il est possible d’être accompagné·e. La thérapie n’apporte pas de réponses toutes faites. Mais elle permet de se poser les bonnes questions, à son rythme.
Une traversée qui mène à soi
Traverser une crise existentielle, c’est douloureux. Mais c’est aussi, parfois, le début d’un nouveau rapport à la vie. Plus sensible, plus conscient, plus relié.
Vous n’avez pas à savoir tout de suite où vous allez. Vous pouvez simplement commencer par reconnaître que quelque chose appelle au changement. C’est déjà immense.
Et si, un jour, vous vous sentez prêt·e à en parler, à être accompagné·e dans cette traversée, sachez que c’est possible.
Vous avez le droit d’être soutenu·e dans ce moment délicat.
Prenez soin de vous. Le chemin commence peut-être ici.
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