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Ajuster le lien : mieux comprendre ses besoins relationnels

Dernière mise à jour : 14 mai


lien et besoins relationnels
Ajuster le lien

Vous arrive-t-il de vous sentir "trop" ou "pas assez" dans vos relations ?


Vous sentez-vous parfois "envahissant.e", ou au contraire "trop distant.e" ? Avez-vous déjà remarqué qu’une simple absence de réponse à un message, ou un changement dans le ton de l’autre, vous fait douter de votre place ? Peut-être que vous vous effacez pour ne pas déranger. Ou, à certains moments, vous sentez un besoin fort de vous rapprocher, de clarifier, de vérifier que le lien est encore là.


Ces mouvements, parfois contradictoires, sont plus fréquents qu’on ne le croit. Et ils ne sont pas des "défauts" à corriger. Ils sont souvent le signe d’une sensibilité relationnelle fine, qui peut devenir source de souffrance si elle reste incomprise.


Dans cet article, je vous propose un éclairage à la fois doux et concret, issu de la Gestalt-thérapie et de la théorie de l’attachement, pour mieux comprendre ce qui se joue dans nos liens et retrouver un espace intérieur plus tranquille. Et surtout, pour apprendre à ajuster le lien de façon plus consciente.


Entre fusion et retrait : comment ajuster le lien au quotidien


Prenons une scène très simple. Vous envoyez un message à un ami. Pas de réponse. Vous attendez. Vous relisez ce que vous avez écrit. Vous vous demandez si vous avez dit quelque chose de travers. L’espace de quelques minutes, ou heures, une partie de vous n’est plus tout à fait tranquille.


Ou bien vous êtes en couple, et un soir vous sentez que l’autre est un peu plus silencieux. Alors vous allez vers lui, vous posez des questions. Peut-être qu’il vous répond : “J’ai juste besoin d’être un peu tranquille.” Mais cette distance éveille en vous une tension. Une hésitation entre aller vers ou vous retirer.


Ces micro-situations montrent que nous oscillons tous entre besoin de proximité et besoin de retrait. Le défi est de savoir comment ajuster le lien sans s’oublier ni envahir l’autre. Ces réactions peuvent parfois être liées à une forme de dépendance affective discrète, qui cherche à maintenir coûte que coûte le lien, même aux dépens de soi-même.


Attachement, ajustement et cycle du contact : une lecture gestaltiste


La théorie de l’attachement nous apprend que ces mouvements relationnels sont liés à notre histoire. Pour certains, la distance menace le lien ; pour d'autres, c’est la proximité qui étouffe. Ces stratégies ne sont pas des erreurs, mais des tentatives de réguler le lien.


Souvent, ces ajustements prennent racine dans la relation mère-enfant, là où se sont construits nos premiers repères de sécurité ou d’insécurité. Une mère trop imprévisible, ou trop fusionnelle, ou bien absente émotionnellement, peut laisser une empreinte durable sur notre manière d’être en lien. Et cette empreinte se réactive souvent à l’âge adulte, de manière inconsciente.


En Gestalt-thérapie, on observe ces mécanismes comme des ajustements créateurs, qui ont permis, un jour, de préserver une forme de lien, même dans des conditions fragiles.

Le cycle du contact décrit un processus naturel : sensation, besoin, mobilisation, contact, retrait, assimilation. Lorsqu'une étape est bloquée ou précipitée, ajuster le lien devient difficile. Et c’est souvent là qu’une anxiété relationnelle émerge : peur de décevoir, peur d’être abandonné.e, peur d’être envahi.e.


Quand on ne sait plus comment ajuster le lien


C’est ce qui se passe pour Laure, 41 ans. Dans ses amitiés, elle donne beaucoup. Elle prend souvent des nouvelles. Mais parfois, elle a besoin de se recentrer. Elle se met alors en retrait, mais culpabilise vite. Elle revient vers les autres plus rapidement qu’elle ne le souhaiterait. Cette boucle la fatigue.


Pour Laure, le retrait est interprété comme un danger. Elle ne peut pas s’en nourrir. Pourtant, dans la perspective gestaltiste, le retrait fait partie intégrante du contact. Il permet d’intégrer, de faire le point, de se ressourcer. L’apprendre, c’est réapprendre à ajuster le lien avec justesse, au rythme de ce qui est vivant pour soi.

ajuster la distance relationnelle
trouver la juste distance

Sans conscience de ces dynamiques, les relations peuvent devenir rigides, étouffantes, voire toxiques. Non pas parce que l’autre est "toxique" en soi, mais parce que chacun agit à partir de ses blessures, sans possibilité de recul ni de parole.


Comment commencer très concrètement


1. Observer ses ajustements sans jugement

Quels sont vos mouvements habituels dans le lien ?

Fusion, retrait, sur-adaptation, silence ? Noter vos réactions permet déjà de prendre conscience de vos tentatives d'ajustement.


2. Nommer ses besoins relationnels

Oser dire : “J’ai besoin de temps” ou “J’ai besoin d’un peu de présence”, c’est donner une forme claire à votre besoin. Cela facilite une réponse ajustée de l’autre. Et cela clarifie votre propre manière de vous ajuster.


3. Ralentir, pour sortir de l’automatisme

Prenez le temps, quand quelque chose se rejoue dans une relation, de respirer. De laisser passer l’urgence. Le ralentissement est une condition essentielle pour que le cycle du contact puisse se déployer, et pour un ajustement plus conscient.


Ajuster le lien grâce à la Gestalt-thérapie


En Gestalt-thérapie, on ne cherche pas à analyser vos relations "de l’extérieur". On les vit dans la relation thérapeutique, ici et maintenant. On explore vos manières d’entrer en contact, de vous retirer, de rester ou de fuir. Et à partir de là, on vous aide à retrouver votre rythme, votre justesse.


Avec l’aide du thérapeute, vous pouvez :

  • ressentir finement vos besoins et limites,

  • repérer les moments où le cycle du contact s’interrompt,

  • expérimenter de nouvelles façons d’ajuster le lien, dans la sécurité d’un cadre soutenant.


Ce que vous vivez dans la thérapie devient alors un terrain d’entraînement relationnel, qui se transpose ensuite dans votre vie quotidienne — que ce soit dans vos relations amicales, amoureuses, professionnelles ou dans la réparation symbolique de votre relation mère-enfant intérieure.


Ajuster le lien, ce n’est pas changer qui vous êtes. C’est vous retrouver dans la relation.


couple devant coucher de soleil
équilibre dans la relation

Peut-être que vous vous êtes souvent adapté.e. Peut-être que vous avez trop donné, ou trop retenu. Peut-être que vous ne savez plus comment faire autrement. Ce n’est pas une fatalité.


Ce qu'il faut, c’est réapprendre à écouter vos sensations, vos élans, vos besoins. À ralentir. À vous autoriser à être là, sans vous perdre.


Ce chemin peut commencer doucement. Il demande de la présence, pas de la performance. Et parfois, il commence simplement en posant cette question : “Qu’est-ce que je ressens là, dans cette relation ?”


La Gestalt-thérapie peut vous accompagner dans cette exploration. Pour que vos relations deviennent des espaces vivants, souples, ajustés. Des lieux où vous pouvez vous sentir pleinement vous-même, avec l’autre — libéré.e de la dépendance affective, apaisé.e dans votre anxiété, capable d’identifier ce qui, parfois, vous entraîne dans une relation toxique.





Rémy GARRIDO praticien en Gestalt thérapie

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